Barcelone & La semaine sanglante (Noir et un peu rouge - Les amis de ta femme)

Publié le par Killian









Barcelone

Tant de souvenirs enfouis dans leur tête
Tant de temps attendu pour qu'on les respecte
Des enfants oubliés des terres fertiles
Esclaves de règne aux allures hostiles
Ils nous ont appris à casser nos chaînes
Leur victoire a rendu leur pensée souveraine
En ce temps la France enfantait d'une gauche
Pendant que l'Espagne criait extrême gauche

Refrain : Barcelone s'est ouverte ce soir
Aux drapeaux du rouge et noir
Par le biais des syndiqués
Régnait la solidarité

Sur les terres menacées par un Franco
Les libertaires rouges payaient de leur peau
Tous œuvraient dans un même et seul dessein
Et chacun tenait à avoir un destin
Enfin les femmes et les hommes s'autogéraient
Réfutant les ordres que Staline imposait
La triste figure de la propriété
Ressemblait à un masque d'argile brisé

Refrain

Les sociaux traîtres avec leur langue fourchue
Enfermaient dans les camps les hommes vaincus
Car vous orphelins de la liberté
Faisiez peur aux états hiérarchisés
Et nous enfants de ces syndicalistes
Refusons le diktat capitaliste
Levons les tribus de la colère
Collectivisons désormais nos terres

Refrain

Eglise et patronat (A la potence)
Capitaux et bénéfices (A la potence)
Police et tribunaux (A la potence)
L'Etat et son armée (A la potence)

Les modes de production (A la collectivité)
Les prises de décision (A la collectivité)
(A la collectivité)
(A la collectivité)

La semaine sanglante

Sauf des mouchards et des gendarmes,
On ne voit plus par les chemins,
Que des vieillards tristes en larmes,
Des veuves et des orphelins.
Paris suinte la misère,
Les heureux mêmes sont tremblant.
La mode est aux conseils de guerre,
Et les pavés sont tous sanglants.

Refrain : Oui mais !
Ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront.
Et gare ! à la revanche,
Quand tous les pauvres s'y mettront.
Quand tous les pauvres s'y mettront.

Les journaux de l'ex-préfecture,
Les flibustiers, les gens tarés,
Les parvenus par l'aventure,
Les complaisants, les décorés
Gens de Bourse et de coin de rues,
Amants de filles au rebut,
Grouillent comme un tas de verrues,
Sur les cadavres des vaincus.

Refrain.

On traque, on enchaîne, on fusille
Tout ceux qu'on ramasse au hasard.
La mère à côté de sa fille,
L'enfant dans les bras du vieillard.
Les châtiments du drapeau rouge
Sont remplacés par la terreur
De tous les chenapans de bouges,
Valets de rois et d'empereurs.

Refrain.

Nous voilà rendus aux jésuites
Aux Mac-Mahon, aux Dupanloup.
Il va pleuvoir des eaux bénites,
Les troncs vont faire un argent fou.
Dès demain, en réjouissance
Et Saint Eustache et l'Opéra
Vont se refaire concurrence,
Et le bagne se peuplera.

Refrain.

Demain les manons, les lorettes
Et les dames des beaux faubourgs
Porteront sur leurs collerettes
Des chassepots et des tampbours
On mettra tout au tricolore,
Les plats du jour et les rubans,
Pendant que le héros Pandore
Fera fusiller nos enfants.

Refrain.

Demain les gens de la police
Refleuriront sur le trottoir,
Fiers de leurs états de service,
Et le pistolet en sautoir.
Sans pain, sans travail et sans armes,
Nous allons être gouvernés
Par des mouchards et des gendarmes,
Des sabre-peuple et des curés.

Refrain.

Le peuple au collier de misère
Sera-t-il donc toujours rivé ?
Jusques à quand les gens de guerre
Tiendront-ils le haut du pavé ?
Jusques à quand la Sainte Clique
Nous croira-t-elle un vil bétail ?
À quand enfin la République
De la Justice et du Travail ?


1871 Paroles de Jean-Baptiste CLEMENT, sur l'air du Chant des Paysans de Pierre Dupont.

 
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Publié dans Made in pas Killian

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